19/11/2012

Chapitre 1 Sortie de l'eau et inspection de la coque

Il faut croire que l'air contrit et catastrophé des gens qui regardent le bateau me donne de l'énergie, de même que les voeux des amis et connaissances:"Bon courage Alain, tu vas en avoir besoin!" ou encore du quidam:" y a beaucoup de travail hein?"

Il faut dire que l'état du bateau fait plus penser à une épave trouvée au fond d'un hangar qu'à une vedette destinée à la haute mer et que les taches sombres qui parsèment la coque font trembler d'effroi les observateurs imaginatifs.

Moi, comme dit Jipé, même pas peur, je sais que l'état de la coque est impressionnant, mais pas pour quelqu'un qui sais comment réparer le bois.

Je sais ce dont je suis capable et ma capacité à réinventer les gestes des charpentiers de marine va m'aider, la seule différence avec ces professionnels, c'est que je vais dépenser beaucoup d'énergie pour trouver ces gestes. je compte également sur internet et les membres norvégiens du club "STOREBRO" pour me donner de temps à autre un petit conseil.

Certain doivent penser que je suis fou de m'être lancé dans cette aventure! Quoique à la réflexion, je ne sois pas plus à enfermer que celui, ou celle, qui achète une fermette sans toit pour en faire la demeure de ses rêves. Celui-là maîtrise la maçonnerie, moi j'aime le bois.

Le parallèle avec une maison existe dans le sens où avant de poser un diagnostic et réaliser un "devis" des travaux à effectuer, il faut enlever tout ce qui ne tient pas. Dans mon cas, ce sera la peinture deux composant dont la coque est tartinée, je dis bien "tartinée", car à voir l'épaisseur elle semble avoir été mise à la taloche plutôt qu'au pinceau ou au rouleau.

Mais commençons par la sortie de l'eau pour laquelle les seules personnes stressée sont moi et encore moi. Sensible que je suis au moindre craquement de coque et comme j'ai l'imagination féconde j'ai eu toute la nuit précédente, des images de coque écrasée, de couple arrachés et de ponts défoncés. Mais là, rien à dire, des pros ces gens là! le bateau est sorti de l'eau et posé provisoirement sur des cales en moins de quinze minutes. un grand "ouf!" muet sort de mon coeur lorsque tout est rangé.

Jipé est venu avec ses filles, mais le chantier a été si rapide, que lorsqu'il arrive, tout est déjà terminé et Paquita repose sur ses cales.

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Le gruosaure!

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Quand je pense que je me suis torturé en me demandant ss'ils avaient une élingue au chantier! Qu'est-ce qu'on peut être c... parfois! Bien sûr qu'ils ont, ce sont des pros chez Vankerkoven!

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Oufti les moules!!!

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Voilà, c'est fait! Plus qu'à réaliser son ber et à la ranger dans un hangar.

 

Deux jours plus tard, profitant d'une météo clémente, nous nous rendons, Christine et moi au chantier afin de procéder à une première inspection de la coque précédée par le grattage des moules qui n'ont rien à y faire.

Armés de spatules nous nous attaquons activement à la chasse aux mollusques pour Christine et à la chasse au bois pourri pour moi. Voici quelques images qui montrent que tout compte fait, mis à part les "réparations tarragonaises" il n'y a rien à dire sur l'état de la coque.

 

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Beurk!!!

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Partie supérieure d'une réparation tarragonaise (RT dans le futur).

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L'état de l'étrave avant l'assainissement de la plaie.

J'ai trouvé la voie d'eau chef!!!

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En gros plan pour ceux qui aiment se faire peur!!!

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Encore des moules!

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Le résultat de l'application d'une peinture bi-composants sur une coque en bois et sans apprêt bien sûr!!!

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Côté gauche, c'est pas mieux!

Pourquoi cela aurait-il été mieux d'abord?

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c'est impressionnant mais cette image apporte tout de même une grande joie, la coque en acajou est intacte sous la peinture qui ne la protégeait pas.

Solide la Suédoise hein!

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Ma réparation de l'an dernier vue à la bonne hauteur pour la première fois.

Je n'ai pas trop mal travaillé pour un débutant, sans oublier de dire que cette réparation a été faite à flot!

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Nettoyage de la plaie de l'étrave, elle est profonde, mais c'est la RT qui n'a pas tenu. Le truc qui dépasse en bas, c'est de l'étoupe qui a été enfoncée dans le creux laissé libre par l'ablation d'une pièce de l'étrave. ensuite, l'étoupe a été recouverte par du mastic polyester de type automobile. c'est pour cette raison que nous n'avons rien vu à Tarragone!

Grâce à l'hiver dernier et ses glaces, toute cette m... s'est fissurée et la plaie est apparue!

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La plaie nettoyée. On peut voir que l'étrave est intacte, ce qui est un grand soulagement et veux dire que la proue est solide.

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 Sur cette image on constate bien que l'étrave est intacte, ainsi que les lattes de bordé. La réparation se fera en mettant en oeuvre des techniques et produits modernes inconnus il y a quarante ans. Ce défaut est récurant sur ce modèle de bateau dont certains sister-ships ont du être amputés de toute la proue. Heureusement, ce n'est pas le cas ici.

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La netteté du sillon est la preuve qu'il s'agit bien de la construction d'origine et la présence de vis en cuivre confirme bien l'origine et l'époque de la construction. il faut remarquer qu'une pièce en forme de triangle très allongé partait de la partie supérieure de l'étrave et descendait le long de celle-ci. De l'étoupe était pressée le long de cette pièce; Il semble que la pièce d'origine ait été sensible à la pourriture. La RT a eu pour effet d'éviter que le mal ne s'aggrave.

Il faut rendre à césar...

 

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Cricri est passée par là!

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Elle y est encore d'ailleurs!

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Une vue d'ensemble qui montre notre chantier d'un jour!

 

16:35 Écrit par alaro11 - dans Navigation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! |

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